PARLER INTIME

Parler intime

papier, installation, table triangle,  2017

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Le langage verbal est la pratique qui permet la cohésion sociale. Par le partage d’une langue, les individus peuvent, au sein d’une nation ou d’une culture, s’exprimer et assurer leur rapport aux autres, leur appartenance à une communauté. Les mots ne véhiculent pas que les informations exprimées par des individus, mais aussi les messages sociaux d’une culture. La façon dont les écrivains s’expriment montre bien leur rang social. Lorsque nous communiquons, nous choisissons les mots permettant d’exprimer nos sentiments, la joie, la tristesse, la colère ou le bonheur selon des conventions sociales reconnues par toute une communauté, celles des personnes qui parlent la même langue que nous. Les mots n’expriment pas toujours forcement notre pensée, mais ils traduisent socialement notre vie intime.

Dans le domaine des arts, nous pouvons nous passer de mots et exprimer notre pensée par des images, par exemple. En deçà des mots, il y a toujours quelque chose de plus abstrait à exprimer et qui vient de chaque personne. Le langage, lui, n’est qu’un moyen de transmettre à l’autre cette matière conceptuelle que nous voulons exprimer. Lorsque l’on se trouve dans un pays étranger, la communication verbale est limitée, il ne nous reste que les signes extérieurs corporels ou vestimentaires. Dans ces conditions, il y-aurait-il un glissement du langage vers les signes corporels? Je me pose la question moi-même. Mais

ces signes sont eux-aussi culturels relatifs et, par conséquent, ils peuvent être opaques.

En tant qu’étrangère, je ne peux pas saisir les mots, la langue, il ne me reste que l’apparence des gens. Lorsqu’on circule dans l’espace publique, on ne peut voir que l’extériorité, les vêtements, par exemple. En partant de ces réflexions, j’ai choisi un élément vestimentaire pour poursuivre un projet artistique. Cet élément est l’écharpe. J’observe les personnes qui en portent.

Dans mes toiles, j’ai séparé les lignes en trois parties : Une première composée des personnes inconnues et dans laquelle je transforme les formes en lignes, une deuxième série dans laquelle la ligne se trouve sur les habits quotidiens, notamment les écharpes et une troisième série dans laquelle la ligne s’établit à partir des oeuvres d’art anciennes.

Le langage est dans les lignes transformées, la lecture ne se fait pas, donc, comme celle du langage verbal. Nous essayons de « lire » les personnes par d’autres éléments de communications que les mots.

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